Chaque collectivité se doit à travers son agenda 21 de minimiser au maximum les risques de submersion du fait du changement climatique. D’aucuns, comme Brest, vont encore plus loin en élaborant un plan climat. Afin d’apporter une contribution éclairée à ces travaux, j’ai participé en 2010 à un voyage d’études aux Pays-Bas organisé par l’association des anciens auditeurs de l’Institut des Hautes Etudes d’Aménagement du Territoire (AA-IHEDATE). Ce fut une prise de conscience brutale : le risque de submersion est bien réel, il est pour partie prévisible et donc maîtrisable, mais les moyens matériels et financiers nécessaires (généralement colossaux) doivent faire l’objet d’un consensus social fort et d’une politique stratégique concertée entre l’Etat, les collectivités et les particuliers. Aux Pays-Bas, la gestion de l’eau est à la base du fonctionnement démocratique de ce pays depuis des siècles. En France, on peine à dégager les responsabilités des mois après la tempête Xynthia. Contraste…
On le sait peu, mais l’économie française est très sensible au risque d’inondation, du fait de la localisation des zones économiques. Or, 30 % du PNB national (situé en Ile de France) est perturbable par une crue et ses conséquences, avec une probabilité annuelle de 1/100, soit 100 fois plus fréquente qu’aux Pays-Bas. Le CEPRI (Centre Européen de Prévention du Risque d’Inondation) nous en a fait la démonstration il y a quelques jours à Paris, lors d’une conférence prolongeant la restitution de notre périple néerlandais.
La première mesure préconisée est d’intégrer ce risque à la conception de l’aménagement urbain, et d’en faire un atout pour un urbanisme inventif. L’enjeu est bien celui du développement durable d’un territoire qui devra être robuste face à l’inondation et redémarrer vite. Une telle démarche s’envisage dans les SCOT, plans climat, PLU, Agenda 21, etc.
Ce travail est en cours, et offre des perspectives très intéressantes. En effet, « demain est au bord des fleuves et des mers » (Nicolas Camphuis, Directeur du CEPRI) et savoir bâtir durablement en tirant parti de la présence de l’eau est un défi commun à de nombreux pays en Europe. Brest, qui accueille le programme CLIMSAT d’observation et d’adaptation au changement climatique, ne peut que s’inscrire résolument dans cette nouvelle démarche visant à transformer le risque en opportunité.
En vidéo, une restitution rapide du voyage d’étude organisé en 2010 par l’association des auditeurs de l’IHEDATE

Ping : Le climat change, les commerces trinquent | Frédérique Bonnard Le Floc'h
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